dimanche 29 juillet 2012

un petit conte

Il y a fort longtemps, un riche


propriétaire de Luoyang,la capitale

chinoise du papier, demanda au vénéré

patron des papetiers, Cai Lun, de lui

écrire quelque chose sur un bout de

papier, mais pas n'importe quelle

phrase : "une formule positive" qui

assurera la prospérité de toute ma

lignée et qui nous donnera l'envie de

vivre et de nous réjouir !"



Cai Lun prit une belle feuille en

écorce de chanvre et écrivit. Son

poignet avait juste terminé les lentes

circonvolutions, que le bourgeois

s'empara du papier et lut : "Le Père

meurt, son fils meurt, son petit fils

meurt".



Furieux, il s'emporta: "Cain

Lun, je t'ai demandé une formule qui

apporterait joie et prospérité à ma

famille et tu as tracé des lettres de

mort. Je devrais te faire couper les

mains pour cela !"



Le papetier sourit:

"ami, ton visage s'enflamme et tu

craches du venin contre le vent.

Écoute: si ton fils meurt avant toi, ce

sera un grand malheur pour toute ta

famille. Si ton petit fils disparaît

avant ton fils, ce sera également un

terrible fardeau à porter pour ta

lignée. Mais si ta famille, génération

après génération, disparaît dans

l'ordre que j'ai décrit, la vie suivra

un cours naturel et l'ordre des choses

sera parfaitement respecté. Car c'est

cela la joie et la prospérité."



Le bonheur de l'homme ne peut

s'exprimer dans le désordre. Il existe

un cours naturel des choses, un sens,

un ordre. C'est dans cet ordre des

choses que nous nous inscrivons. La

preuve : une des plus grandes tragédies

qui peut nous frapper est la mort de

notre enfant... une disparition qui n'a

rien de naturel car elle survient trop

tôt. Un bonheur, lui, arrive toujours

en son temps.



Ce petit conte nous rappelle avec

simplicité que la plus grande

prospérité n'est pas dans la possession

des choses matérielles, mais dans la

vie elle-même.